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fata morgana
Tchatcheur médaille d'argent
fata morgana

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Dans mon bureau bleu : il y a mes livres, mes démons et mes rêves
Date d'inscription : 19/08/2005

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MessageSujet: colloques   colloques EmptyVen 30 Sep à 15:34

Construire l'exemplarité.
Pratiques littéraires et discours historiens, XVIe-XVIIIe siècles
(Université de Bourgogne - 4-5 novembre 2005).

Responsable : Laurence Giavarini (laurence-giavarini@wanadoo.fr)

Ce colloque invite plusieurs équipes de chercheurs en littérature et en histoire à réfléchir sur la question ancienne, capitale pour les XVIe-XVIIIe siècles, des usages de l'exemple et du sens de l'exemplarité. L'ouvrage de John D. Lyons (Exemplum, 1989) a montré ce que l'Heptaméron de Marguerite de Navarre ou les Essais de Montaigne devaient à la rhétorique de l'exemplum, cette " forme " qui relève à la fois de la série (d'où l'on extrait tel ou tel élément) et de l'exception (de par l'isolement que produit la découpe), que les médiévaux appellent suggestivement une " clairière dans la forêt ". Mais ce n'est pas une épistémologie de l'exemplum ou de l'exemplarité des formes littéraires et des modèles historiques qui nous intéressera ici. On se situera plutôt dans la perspective d'une réflexion sur les conditions d'appréhension de l'exemplarité. La façon dont les cadres dans lesquels s'inscrit la rhétorique de l'exemple défont ou déplacent la portée de l'exemplarité, le rapport entre la valeur historique de l'exemplum et l'histoire que rapporte un récit, qu'il relève ou non de ce que nous appellerions aujourd'hui la fiction, tendent à suspendre le postulat d'une stabilité des valeurs et d'une axiologie préalable des formes et des genres. Elles mettent en revanche l'accent sur les modalités de perception et de construction de l'exemplarité : modalités narratives (l'art du récit, la définition de la fiction), éthiques (la question de l'autorité ou de l'ethos de celui qui définit la norme, que l'on peut repérer, par exemple, à partir de ces sujets improbables de l'exemplarité que seraient, sous l'Ancien Régime, la femme, l'enfant, le gueux, le libertin, le fou, la bête), critiques (quels sont les conditions culturelles et sociales de lecture de l'exemple ancien ? quelles sont celles de la constitution d'exemplarités dans le discours littéraire ou historien à partir des objets qu'il se donne ?). On s'intéressera donc avant tout à ces modalités épistémologiques et critiques plutôt que nostalgiques, à la manière dont Thomas Pavel a récemment repris la question importante des " normes éthiques " du roman (La Pensée du roman, 2003), ou téléologiques comme le proposait Karheinz Stierle en 1972 (" L'histoire comme exemple, l'exemple comme histoire. Pour une pragmatique et une poétique du texte narratif ", Poétique, 10) de construction de l'exemplarité, aux pratiques d'écriture qui permettent de rendre opérante, du point de vue de la production d'une histoire, l'utilisation de modèles, de cas, d'exemples.
Cette perspective implique donc une réflexion sur les disciplines dans lesquelles s'inscrit le travail de l'exemplarité, en particulier la littérature et l'histoire. Reprenant à son compte l'idée ancienne que l'histoire est " maîtresse de vie ", quitte à étendre la définition de cette " histoire " en s'appuyant notamment sur le terrain commun qu'offre l'absence de distinction, en français, entre ce que l'allemand appelle Geschichte et ce qu'il nomme Historie, observant aussi que le statut de l'exemple est de plus en plus souvent interrogé par les historiens la Nouvelle Histoire a ainsi montré ce que l'exemple impliquait du côté de la définition des normes linguistiques et des normes de pensée, ainsi que de la construction théorique de la discipline historique, de la théorie à l'intérieur de la discipline , on s'appliquera à travailler le lien entre les usages du récit (de la fiction) et la production d'histoires (exemplaires, normatives, disciplinaires). Qu'est-ce que choisir un exemple, que l'interpréter ? Comment le choix des exemples construit-il une chronologie, un récit ? Comment postule-t-il une norme ? Que dit-il d'une éthique ?
Le colloque ne vise pas néanmoins un face à face disciplinaire, chacun devant montrer comment il se débrouille avec les normes et les contingences de l'histoire littéraire et de l'histoire de la critique (pour la littérature), ou celles des sciences sociales (pour l'histoire). Construit sur deux journées qui sont pensées comme complémentaires, il vise d'abord à privilégier l'étude des pratiques d'écriture, " littéraires " si l'on veut, qu'on peut penser comme des " actions " opérées sur les textes ou portées par les textes, comme le résultat d'une confrontation ou d'un conflit entre des " morales du code " et " morales de l'éthique " (Michel Foucault, L'Usage des plaisirs, Paris, Gallimard, 1984, Introduction 3), voire selon d'autres modalités qu'il reviendra à chacun de définir, en fonction de la délimitation de ses objets à l'intérieur de sa discipline. C'est pourquoi on choisira des objets d'analyse incertains, ou à la légitimité problématique, des terrains conflictuels (celui des normes de la fiction notamment), on postulera l'existence de terrains proches, sinon dans certains cas, comme celui de l'historiographie du libertinage, communs dans le souci de mettre en évidence comment les façons qu'ont les uns et les autres de " faire de l'histoire " (des idées, des formes, de soi, de l'autre), voire de " faire des histoires ", manipulent de manière plus ou moins consciente l'exemplarité.

Terrains privilégiés, questions communes, lectures à confronter :

1/ Questions : écriture, valeur, rhétorique, ethos -
usages de l'exemplum et ses dévoiements, voire ses monstres (dans la tragédie par exemple). La question des figures, personnages, etc. Tout ce que Cicéron appelle " l'autorité de l'exemple ". -
définition de la fiction et exemplarité fiction légitime (celle des " normes éthiques " stables) vs fiction illégitime (normes instables ?). Rapport entre cette légitimité et la question de l'imitation. -
expérience et exemplarité : en quoi une expérience est-elle exemplaire ? -
exemplarité et identité, sujet de l'histoire et exemplarité de l'histoire : ethos féminin et histoire des femmes / voix du gueux et histoire du libertinage, etc. -
question du témoignage : qu'est-ce qui témoigne dans un texte ? qu'est-ce qu'on y fait témoigner ? qu'est-ce qui de ce témoignage permet la construction d'une exemplarité ?

2/ Méthodes, objectifs, articulations -
critères de choix des objets d'analyse : le rapport avec les normes discursives et disciplinaires ainsi en histoire, le rôle de la méthode et des objectifs des sciences sociales. -
choix de terrains déplacés ou distanciés : ainsi, chez Carlo Ginzburg, les terrains où se négocient la division entre fiction et récit / représentation et mythe/ mensonge et vérité (voir notamment A Distance, Paris, Gallimard, " Bibliothèque des Histoires ", 2003.. Ou chez Terence Cave (Pré-histoires I., Genève, Droz, " Les Seuils de la modernité ", 1999), la mise à distance méthodique du grand récit de l'émergence du sujet pour dégager des zones " troublées " du texte où se chercherait l'émergence d'un processus historique. Rôle du vocabulaire qui permet ces déplacements : le mot de " distance ", celui de " trouble " -
détermination des exemples signifiants dans les constructions historiographiques (quel rôle le procès de Théophile de Viau joue-t-il par exemple dans la construction de l'histoire du libertinage ?). -
comment s'établit le lien entre des séries et des cas particuliers dans la fabrication d'histoires littéraires, historiennes ? Les exemples et la fabrication de la chronologie. -
morale des textes / éthique de l'interprétation / politiques de l'exemplarité. -
actions d'écritures et opérations d'exemplarité (ex : quels sont les actions d'écriture qui produisent les effets de ce qu'Aby Warburg appelle la " polarisation ", c'est-à-dire les changements de valeur de certains modèles culturels au cours du temps la confrontation entre la construction de l'exemplarité et les enjeux de la polarisation (dans la perspective d'une définition de la " culture " notamment)

3/ Terrains -
récits de vie / les biographies historiques. -
sujets improbables : femmes, enfants, libertins, bêtes -
nouvelle, forme contingente ou décisive dans les déplacements de l'exemplarité au tournant XVIe XVIIe siècles. -
fictions / récits thématisant la question de l'autorité (paternelle, royale). -
textes exemplaires et grands récits disciplinaires
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MessageSujet: Re: colloques   colloques EmptyVen 30 Sep à 15:35

« Marguerite Duras : desseins de mémoire et d'oubli »
Colloque international, Louvain-la-Neuve (Belgique), 2-4 mars 2006


Écrire ce n'est pas raconter des histoires. C'est le contraire de raconter des histoires. C'est raconter tout à la fois. C'est raconter une histoire et l'absence de cette histoire. C'est raconter une histoire qui en passe par son absence.
Marguerite Duras, La vie matérielle


En ce début de XXIe siècle, dix ans après la mort de l'auteur, la recherche durassienne cherche désormais à offrir la place de choix qui revient à l'auteur du Ravissement de Lol V. Stein dans l'Histoire du XXe siècle, marqué tant par les ruptures violentes (innovations formelles en art, modification des espaces privé et public, technologie galopante, etc.) que par les continuités (les idéologies politiques, philosophiques et sociales nées aux XVIIIe et XIXe siècles, la place de l'étranger, les révolutions techniques et les cultures de l'image, etc.) Comme l'a récemment noté Stéphane Patrice, « Représentative, Duras l'est, paradoxalement, par sa littérature qui se voudrait non engagée, représentation pure, acte de mémoire, témoin d'un temps difficilement lisible. » (Marguerite Duras et l'histoire)

C'est bien cette place de témoin, de mémoire vive et subjective que nous souhaiterions interroger à l'occasion de ce colloque. Chez Duras, les questions de la mémoire et de l'oubli interviennent à de très nombreuses reprises, appliquées à l'Histoire, à l'histoire subjective ou à celle que déploie la fiction. Ces questions sont donc à aborder comme une problématique fondatrice de l'oeuvre, le livre ou le film étant dans le même temps entreprise de mémoire et d'oubli. Duras passe en revue et radiographie son époque, la littérature, les idéologies, les nouvelles techniques (de la photographie et du cinéma à la bombe atomique), les faits divers, etc. : son oeuvre met en place un ensemble de dispositifs structuraux et énonciatifs qui traitent les discours, les malaises, les désastres et les (r)évolutions qui jalonnent le siècle. Elle déploie en ce sens un panel générique très large, qui transcende les limites traditionnelles de genres : L'été 80 mêle fiction et tribune journalistique ; India Song s'inscrit à la croisée du théâtre, du récit et du cinéma ; le personnage d'Ernesto s'est profilé dans un livre pour enfants, dans un film et dans un roman. L'intérêt notable de Duras pour les combinaisons génériques insolites et pour le mouvement de répétition-variation qui anime la progression de l'oeuvre lui fournit autant de solutions nouvelles qui travaillent à étayer et à saper l'entreprise de mémoire tout uniment.

Il sera intéressant dès lors de porter notre attention sur plusieurs axes de recherche qui se compléteront et s'interpénétreront. Les deux principaux niveaux d'approche (l'oeuvre comme mémoire et comme possibilité de l'oubli et le traitement des questions de la mémoire et de l'oubli au sein de l'oeuvre), d'apparence distincts, pourraient être confrontés avec fruit. Les recherches sur les manuscrits, dont les premiers résultats ont été exploités au colloque « L'écriture dans tous ses états » de Newcastle, seront évidemment les bienvenues. Plusieurs angles de vue peuvent ainsi être envisagés, pour autant qu'ils demeurent en lien avec la question de la mémoire, de l'oubli et/ou de l'enregistrement du réel :

1. La fonction de la mémoire et de l'oubli chez Duras, y compris dans sa dimension d'oubli volontaire tel que le mensonge
2. Le traitement des techniques modernes (photographie, cinéma, télévision et radio, etc.) : leur réception au sein de l'oeuvre, le caractère générateur d'oeuvres de ces techniques, leur influence sur les techniques d'écriture
3. Le traitement de l'Histoire
4. Duras et le travail autobiographique
5. Le traitement des canons littéraires (genres, etc.)
6. Le traitement de la langue maternelle et des langues étrangères
7. etc.


Les propositions de communications (une page maximum) doivent nous parvenir avant le 30 septembre 2005, à l'adresse suivante : meuree@rom.ucl.ac.be

Comité scientifique :

Madeleine Borgomano (Aix-en-Provence)
Christophe Meurée (UCL)
Ginette Michaux (UCL)
Pierre Piret (UCL-FNRS)
Catherine Rodgers (Swansea)
Arnaud Rykner (Toulouse-le-Mirail)
Francine Thyrion (UCL)
Raynalle Udris (Middlesex)

Centre Joseph Hanse (Université catholique de Louvain)
Site du Centre de recherche Joseph Hanse : http://cjh.fltr.ucl.ac.be
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